La Réalité de la Médiation Culturelle #danslaVRAIEvie !


ORNELLA

photo type 2

 

 

est l’invitée de BdM du mercredi 10 février 2016.


 

Coup de Gueule d’une Médiatrice
ou mise au clair de la position du médiateur
et de sa définition

Geoffrey, de la Compagnie au Balcon, en médiation durant Demeure de Femmes au Musée Masséna, Nice. Mars aux Musée 2015.
Geoffrey, de la Compagnie au Balcon, en médiation durant Demeure de Femmes au Musée Masséna, Nice. Mars aux Musées 2015.

La médiation culturelle n’est pas une discipline uniforme au sein des différentes institutions culturelles. Et apporte son lot de précarité, surtout pour les médiateurs. Entre agence de sous-traitance, employés culturels, institutions culturelles, la question de la médiation culturelle revêt différents aspects.

Donner une définition de la médiation n’est pas facile. Ce que nous pouvons en dire, c’est qu’il existe deux visions. Une partie des acteurs culturels acquise par l’idée que l’apport de connaissances est essentiel dans le rapport aux œuvres d’art. Et de l’autre, l’idée que la médiation culturelle de l’art est plutôt accès sur le ressenti et les émotions face aux œuvres d’art. Au sein des différentes institutions culturelles, la médiation culturelle voit son développement associé à la notion de démocratisation et à l’égalité de tous face aux œuvres artistiques. En somme, donner à tous des clefs de lecture pour avoir accès aux œuvres. Ce qui entraîne inexorablement l’idée que, face à des objets d’art, les individus se retrouvent alors perdus et doivent être pris par la main, afin de comprendre les œuvres artistiques et leur sens. Erreur fatale, ou du moins première explication de la notion de médiation culturelle comme apport de connaissance. Pourquoi ne pas tous simplement associé ressenti et connaissance plutôt que de vouloir à tout prix donner des informations, qui d’ailleurs ne seront qu’en partie retenue par les individus ?

Vol à Cemenelum, Lilly en médiation sur les habitudes culinaires romaines, Musée Archéologique de Cimiez, Nice. Mars aux Musées 2015.
Vol à Cemenelum, Lilly en médiation sur les habitudes culinaires romaines, Musée Archéologique de Cimiez, Nice. Mars aux Musées 2015.

Dans l’optique des institutions culturelles, les connaissances sont donc primordiales à apporter. C’est ainsi que les médiateurs culturels, embauchés par des entreprises de sous-traitance, se voient obligés de déverser un savoir appris en vue de le transmettre aux visiteurs. Vous pourriez me dire : « Et alors ? », c’est ce que recherche les visiteurs en venant au musée. Pourquoi ne pas le faire ? » Et bien parce qu’il ne s’agit pas, ici, de laisser le visiteur spectateur de sa visite, passif malgré son écoute et son attention portée.

Le Musée de Cleveland propose une expérience interactive de l'art par le support technologique dans une vision novatrice, et surtout acquise, du concept de médiation. ©Cleveland Museum of Art
Le Musée de Cleveland propose une expérience interactive de l’art par le support technologique dans une vision novatrice, et surtout acquise, du concept de médiation. ©Cleveland Museum of Art.

Et qu’en est-il, de la fonction du médiateur engagé par des entreprises de sous-traitance ?
Celui-ci se retrouve ballotté entre son désir de bien faire, d’exécuter son travail dans les meilleures conditions, et le manque de temps pour préparer son discours, ou encore le peu de gratifications apporté à un tel travail. Qui plus est, la définition que les entreprises sous-traitantes peuvent avoir sur le rôle des médiateurs culturels au sein des institutions est assez floue. En effet, entre gardiens de salles, agents d’accueils, billettistes, secrétaires de chefs d’équipes nonchalants ou médiateurs culturels, il ne semble y avoir, au regard de ces entreprises, aucune différence.

Or, il semble insensé de demander à une personne d’exercer autant de postes pour un salaire dérisoire. Après de longues études, souvent un master, il lui est demandé de travailler pour un salaire avoisinant le SMIC. Sans compter l’absence de primes ou de majoration pour les dimanches travaillés. Qui plus est, ces médiateurs culturels sont parfois amenés à créer des visites guidées, au sein d’un musée, sans aucune gratification malgré le temps passé à préparer de tels événements.

Marine, médiatrice culturelle au sein d’un grand musée marseillais :

« Pour le smic, je dois venir tous les jours, travailler les dimanches, sans avoir une quelconque majoration. Certes, je peux avoir deux jours de repos, le Mardi (jour de fermeture du Musée), puis un autre donné aléatoirement, mais je dois travailler plusieurs week-ends d’affilés sans savoirs comment ceci sont répartis. »

Médiations culturelles et institutions semblent ne pas encore avoir trouvé la voie de l’émancipation du visiteur, ni celle du médiateur culturel soumis à la connaissance.


Ornella

photo type 2

23 ans
Détentrice d’une licence d’Histoire de l’Art & d’un Master Arts Professionnel, spécialisé Médiation Culturelle de l’Art

 

Pourquoi la Médiation ? Pour changer l’image des musées. Arrêter d’avoir l’impression de ne pas avoir sa place au sein d’un musée. Mais aussi pour tenter d’ouvrir l’art à tous, à l’aide d’une approche différente.
Contexte d’expériences : Les grandes institutions marseillaises. Fondation Vasarely. Musée d’Histoire de Marseille. MuCEM. Villa Méditerranée.
Association : Design the future now.


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